Travail et solidarité

Le travail :

Nous travaillons pour faire vivre la communauté, dans un climat et un esprit de recueillement, de silence, de prière. Nous désirons dans le travail garder notre cœur tourné vers le Seigneur.

Pour se rappeler cet esprit de service et de prière, nous disons au début du travail la «prière du travail».

Seigneur, Tu nous offres le travail comme une grâce, fais qu’il ne nous détourne pas de Toi, car si nous nous l’approprions, il peut susciter en nous des sentiments de compétition, d’envie, de domination, d’impatience et de vanité. Ouvre nos coeurs pour qu’au contraire, il nous conduise à Toi, dans le silence, la disponibilité humble et discrète, l’esprit de véritable service, la reconnaissance en nos soeurs de ton Amour. Le monde entier est appelé à cette collaboration à ton œuvre créatrice et rédemptrice.

Seigneur, Rends-nous proche de tous nos frères ; Donne à tous ce précieux travail dont nous avons tous si grand besoin ; Sois présent parmi les hommes pour qu’ils accomplissent par lui ton dessein d’Amour, de Vie, de Plénitude.

 

La quête :

La quête, ou «mendiantes aujourd’hui ?» :
Les attitudes radicales de François et de Claire nous questionnent : où en sommes-nous de notre confiance dans le Père ?
La même grâce qui nous a mises en route, qui nous a fait tout quitter, sans calcul, sans inquiétude, nous est toujours donnée aujourd’hui, la joie de chercher d’abord le Royaume de Dieu, en petites pauvres, comme François et Claire.
La plupart des aliments que nous mangeons nous ont été donnés. C’est une manière de refuser d’entrer dans la logique de la surconsommation et du gaspillage.
Pour Saint François et Sainte Claire, tout se reçoit des mains du Père de qui vient tout don !

 

Les découvertes d'une postulante :

epluchage

Six mois de postulat, c’est des kilos et des kilos de fruits et légumes passées en mes mains : oubliées celles de la prof de français, propres et nettes, place aux coupures, pincements, et autre crasse incrustée, après avoir épluché carottes, pommes-de-terre, et plus encore ! Néanmoins, j’ai eu l’occasion de découvrir des fruits et légumes inconnus, me rendant compte au passage que mon approche dans le domaine était VRAIMENT très limitée ; et de me dépasser en plongeant mes mains dans la pourriture, sans que cela ne m’écoeure plus systématiquement. Je l’avoue, les premières semaines, au moment du triage, je me suis parfois sentie appelée à redire « Oui » au Seigneur. Et dire qu’il y en a pour affirmer que la vie religieuse est un refuge : je n’ai pas vraiment cette impression lorsque j’ai les mains dans les pommes mangées par les vers, qui parfois grouillent encore dedans ! Mais je pense quand même avoir atteint le comble de l’écoeurement, en tout cas pour ces 6 mois, en lavant la fiente sur de nombreux œufs, sans parler des cadavres d’animaux qui ont défilé dans la cuisine. Il s’en est fallu de peu pour que je devienne végane !
Alors, oui, je sais, il faut rendre grâce pour ces dons reçus, mais que Dieu me pardonne, sur le moment ce n’est pas l’action de grâce qui surgit ! Ceci étant dit, je crois bien avoir avancé à la suite de saint François, car il m’est arrivé parfois de « parler » à certains fruits et légumes. Ainsi, m’adressant à une pomme : « A nous deux ma petite ! », dans un relationnel désormais quotidien, m’émerveillant de l’émerveillement de certaines d’entre vous. Je dois me rendre l’évidence : je ne regarderai plus jamais une salade de la même façon. Inutile de préciser que je dissimule avec précaution cette évolution de mon comportement à mes amis, je tiens à ce qu’ils continuent à venir me voir !

Cette conversion, -n’ayons pas peur des mots ! -, peut apparaitre quelque peu déroutante pour les non-initiés. Mais au cœur de tout cela, il y a la Joie du travail fait ensemble, dans une communion silencieuse, la plupart du temps. Et c’est donc dans le secret de mon cœur, au milieu de mes sœurs, en épluchant un énième fruit ou un légume, notamment le samedi soir alors que des amis de mon âge font bien autre chose, plus « divertissant » dirons-nous, que je me dis parfois qu’il n’y a aucun autre endroit au monde où j’aimerais être à ce moment-là.

Sarah, postulante

 

La pauvreté et la Providence :


Soeur Marie Bénédicte«Contempler l’amitié et la foi de tant de personnes qui nous ont aidées à acheter une nouvelle machine à hosties ... Des foules à rassasier, les moyens manquent, l’inquiétude se fait jour, la tempête menace, l’affaire est remise entre les mains du Seigneur, une parole se fait entendre, les disciples sont sollicités, la surabondance s’offre à des yeux étonnés et joyeux ... Un bon goût d’Evangile ? OUI ! Mais voilà, cette bonne nouvelle a pris chair à Cormontreuil ! La machine à fabriquer les hosties arrive en fin de course, et menace de lâcher d’un coup ! Où trouver les fonds nécessaires à la poursuite de ce travail qui permet de rassasier de ton Corps tous ceux qui en ont faim ? A nous seules, impossible ! Lumière : associer à ce travail, par l’intermédiaire des paroisses, tous les chrétiens qui communient avec des hosties faites par nous, en proposant de porter dans la prière les intentions qu’ils voudraient bien nous confier ... Et nous contemplons la surabondance du Seigneur par l’amitié, la foi extraordinaire et la solidarité, exprimées dans des mots bouleversants, pour notre «activité-nourriture», la confection de ce qui est destiné à devenir «le Pain de vie primordial», pour que ceux qui le reçoivent «deviennent à leur tour d’autres hosties»... Et tant de témoignages où l’Eucharistie se révèle la force au quotidien de ceux dont la vie est traversée par de lourdes croix. Avec l’argent nécessaire, et bien davantage que lui, nous accueillons là, de manière renouvelée, notre travail, en responsabilité, en mission, en prière. MERCI !»

Soeur Marie-Bénédicte

Extrait de l'émission "Visites privées" avec Stéphane Bern sur les hosties dans notre monastère :

 

Prendre soin de la Création :

«Notre sœur Eau ne manque pas de faire parler d'elle et ce à plusieurs titres. Elle que François qualifiait de "très utile et très humble, précieuse et chaste" est devenue source de nombreux conflits tant elle fait défaut par sa qualité et/ou quantité pour subvenir aux besoins élémentaires de millions de nos frères. Lire la suite du témoignage de sœur Sabine ... Nous assistons donc à une véritable guerre de l'eau. Voilà pourquoi le petit groupe JPIC (Justice, Paix, Intégrité de la Création) de la communauté s'est penché sur la question de l'eau durant plusieurs mois avant de proposer de partager ses découvertes à l'ensemble de la communauté, ce qui fut fait fin janvier. Au cours de cette assemblée communautaire, nous nous sommes tout d'abord remises à l'écoute de quelques textes forts où figuraient, entre autres, des extraits de l'encyclique de Benoît XVI : "La charité dans la vérité". Après quoi, nous avons accueilli le travail d'une sœur dressant la situation de l'eau dans ce vaste pays qu'est l'Inde. A l'aide de chiffres significatifs et de tableaux, nous avons pris un peu plus la mesure de la situation mondiale et nationale.

Ensuite, nous nous sommes arrêtées sur notre contexte local et notre réalité communautaire : notre consommation d'eau, les propositions et conseils d'arrosages de notre ville, les suggestions du guide pratique de l'ADEME (Agence de la maîtrise de l'énergie et de l'environnement).

Soeur SabineTout ceci nous amena à entamer un joyeux partage de nos idées en vue d'améliorer l'utilisation de "notre sœur" en solidarité avec tous : les petits ruisseaux ne font-ils pas les grandes rivières ? Rien ne nous semble superflu lorsqu'il s'agit de collaborer par nos petites gouttes d'eau à l'élaboration d'un monde plus juste et fraternel, respectueux et heureux des dons de la création livrés entre nos mains pour le bien et la vie de tous ! Nous touchons là tout simplement à des comportements servant la fraternité universelle, le Royaume de Dieu. Le temps d'un après-midi ne nous a pas permis d'épuiser le sujet ni de venir à bout des idées des sœurs : tant mieux ! Nous poursuivons donc nos réflexions, cherchant par là à mieux aimer le Créateur et toutes ses créatures : "surabondance de l'Amour".

PS : Quelques moyens à notre portée rapidement mis en oeuvre :

- augmenter notre capacité de récupération d'eau de pluies (citernes non enterrées)

- veiller à récupérer l'eau de lavage des légumes ... pour l'arrosage du jardin

- veiller aux débits des lave-mains et aux chasses d'eau, etc ...

Nous réfléchissons aussi aux questions d'arrosage au jardin : goutte à goutte, sciure ou écorces pour les plates-bandes, binage régulier ... »

Soeur Sabine

 

Groupe de réflexion sur la création, la justice et la paix.Groupe de réflexion sur la justice, la paix et l'intégrité de la création.  

La cuisine, un art au service de toutes!

La communauté a accepté de participer une émission de la chaine KTO au début de l'année 2018. Deux soeurs présentent leur recette : soeur Pascale-François, le poisson aux mille couleurs et les carottes savoureuses, soeur Marie-Agnès, les pâtes aux oeufs et la brioche fourrée aux pommes. Vous pouvez voir le site : http://www.ktotv.com/emissions/visages-de-l-eglise/rencontres/la-cuisine-des-monasteres .A vos fourneaux!

 

 

En quoi la vie contemplative participe-t-elle au travail de la Création ?

Question qui peut surprendre! Question paradoxale… En apparence tout au moins… Car les clichés sont tenaces et chacun sait que les contemplatifs "ne servent à rien et ne font rien". Et pourtant…

Qu'est-ce que contempler ? C'est "considérer attentivement", nous dit le Robert. Guetter comme un veilleur dans la nuit ou comme le père de l'enfant prodigue, les germes de vie, de paix, d'amour qui adviennent en soi et autour de soi. Considérer ce qui ne demande qu'à pousser, qui pourra, si on le nourrit d'attention et de reconnaissance, porter fruits. On dit parfois que c'est le temps perdu à regarder ses enfants qui les fait grandir. Donner ainsi tout son poids, toute sa profondeur à la Création, à l'acte créateur.Soeur Isabelle

Avec le Christ, le croyant rend grâce, remet tout entre les mains du Père de qui vient tout bien. Il porte ainsi toute œuvre créatrice à son accomplissement, à sa pleine mesure reçue de Dieu.

Ceux qui veillent et contemplent ainsi ne sont-ils pas créateurs de vie à la manière de Dieu ?
Contempler, c'est aussi, en tradition chrétienne, contempler le Christ. Et dans ce regard longuement échangé, je peux laisser advenir en moi le meilleur de moi, me laisser créer, recréer sous ce regard d'amour, naître ou renaître. Alors, je peux véritablement devenir créatrice, actrice de ma vie, par des choix, des actes bien concrets, nés du plus profond, jaillis de la contemplation.
Cette création n'est pas toujours d'apparence spectaculaire. Elle n'est certes pas activisme tous azimuts. Et pourtant, n'est- ce pas la création la plus profonde ? Dieu ne cesse de vouloir créer l'homme à son image et ressemblance. Prendrons-nous part à cette grande œuvre ?

 

sœur Isabelle