Cloîtrées : en dehors du monde ?

«Une passion pour la vie des hommes»

Maryvonne relevant le courriel

L’attention à la vie des hommes et des femmes :

Chacune des sœurs porte en elle une réalité du monde, en communion avec toutes les souffrances et toutes les joies. Les visages et les situations qui nous habitent sont par toute notre vie offerts, au Seigneur.

 
 
Soeur Jeanne Emmanuel

Pourquoi j'ai choisi cette vie ?

«Rien de ce qui est humain ne laisse les chrétiens indifférents»...(d'après le concile Vatican II)"Ma vie nul ne la prend, mais c'est Moi qui la donne" (Jn 10,18). Ces paroles de Jésus avant sa Passion expriment bien le choix libre que j'ai fait à 23 ans : rejoindre des femmes qui, avant moi et comme moi, ont été discernées par le Christ pour une mission de PRIERE au sein de l'Eglise et en solidarité avec toute l'humanité souffrante. La foi est donc à la base de ce choix de vie en retrait.  La Forme de cette vie, c'est le Christ. Tout le reste, notamment le "conditionnement", la "structure", l'organisation, est au service de la relation avec la Personne vivante qu'est Dieu, révélé en Jésus Christ.

J'ai fait aussi le choix conscient d'une vie avec d'autres, motivées par le même amour, et cette réalité fraternelle, je la vis depuis quarante-cinq ans déjà.

Tout amour authentique a besoin d'un lieu spécifique pour se déployer, s'épanouir, grandir en qualité. Mon lieu, c'est un Monastère. Pour moi, ce fut une décision radicale, parce qu'elle fut le fruit d'une rencontre  unique, incontournable, une réponse à un appel intérieur impérieux semé en moi depuis très longtemps déjà. Je suis entrée dans une voie  évangélique ouverte depuis des siècles, un chemin d'alliance que la Bible me dévoilera au fil des ans. La prière est dilatante. C'est la respiration de mon être humain avec Dieu, un Dieu qui  me parle : que je souffre, que je pleure, que je rie, que je chante et loue. Rien de ce qui est humain ne le laisse indifférent.

Le cri des Psaumes est la prière la plus humaine qui soit. Jésus Lui-même les a pris à son compte. Je suis moi-même un psaume, unique, toujours en mouvement, en devenir, complémentaire de ce psaume vivant que sont les autres humains dans leur réel : psaumes de louange,  d'intercession, de supplication, de détresse, de déréliction, d'action de grâce ... Sainte-Claire nous dit être "auxiliatrices des membres abattus du Corps du Christ". Découvrir ma place unique dans l'univers créé et l'univers des humains a été dilatant, source de joie. Oui, ma vie a un SENS.

"Qui donne sa vie pour les siens, les aime d'un plus grand amour"

J'ai dû apprendre au fil du temps à m'ajuster à ce "don de moi-même" dans sa  radicalité positive, inscrit dans l'appel initial. J'ai dû apprendre à m'adapter aussi au réel de mes sœurs, et j'ai encore à le faire ! Dans la durée et 24 h sur 24. Sainte Claire nous conseille de revenir sans cesse à notre "commencement", justement pour vivre en ouverture à cet Amour premier, et non dans l'ENFERMEMENT que la vie nous offre sans cesse, elle aussi. Sainte Claire me dit encore : "ne recule jamais". Notre Forme de Vie Clarisse n'est possible que si je consens à ce combat spirituel. Et il a bien lieu ! Oui, il y a eu des passages douloureux, des doutes, des remise en cause, de la fatigue spirituelle, des ratés relationnels, la tentation de partir ... mais, dit  le psaume 138 : "où irais-je loin de ton souffle ? où fuirais-je loin de ta face ?". Chaque fois la Force de l'Esprit Saint a été victorieuse en me rappelant pourquoi, pour Qui, en vue de quoi, en vue de QUI j'avais osé tout quitter ... et surtout, elle m'a ouvert les yeux sur le sens et la nature de ces obstacles, en changeant mon regard, et m'en faisant reconnaître en moi la source.

Ce travail de conversion est une de mes plus grandes joies, car faire la vérité sur soi est un chemin vers la liberté, la paix, la communion avec les autres, une joyeuse pauvreté.

"Oui, j'ai demandé au Seigneur une chose, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie" (psaume 26) En prenant conscience de la Présence de Dieu, une clairière s était ouverte au-dedans de moi.

"La chambre haute est remplie de lumière. Jésus-Christ au milieu des Apôtres nous parle du Père. Sa voix nous conduit au seuil du Royaume" (hymne du Jeudi Saint) Tout un équilibre se met en place en moi dans l'écoute de cette Parole vivante. Rien ne peut me soustraire à cette liberté intérieure favorisée par le silence qui, pour moi, est le conditionnement ultime et le plus juste de l'accueil de cette Parole.

"Qui me séparera de l'amour du Christ ? la détresse ? L'angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le supplice ? ... ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l'avenir ... rien ne pourra me séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus-Christ notre Seigneur" (St Paul aux Romains 8, ...)  "Pour Toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre LA PLUS RETIREE, VERROUILLE ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le secret. Et ton Père qui voit dans le secret te le revaudra" (Matthieu 6,6) ».Soeur Jeanne Emmanuel

 

La prière d’intercession :

«De toute la force de notre foi pour nos frères en détresse,  à bout de forces, écrasés par l’injustice, désespérés ...»

«Il faut se tenir prêts, être vigilants. Nous savons combien tous nos sens, toutes nos ressources peuvent se mobiliser pour la réalisation de quelque chose. De même, tout en nous doit tendre vers cette heure du Royaume quand une terre nouvelle adviendra où il n’y aura plus ni pleurs, ni cris, ni souffrance, ni mort. Il nous faut appeler cette heure de toute la force de notre foi pour tous nos frères en détresse, à bout de forces, écrasés par l’injustice, désespérés : souviens-toi de nous Seigneur quand tu viendras dans ton Royaume. Ste Claire initie notre contemplation du Fils du Très Haut, promesse de gloire éternelle et de vie bienheureuse, Maître du festin du Royaume, Agneau sans tâche à qui est adressé le cantique nouveau (4ème lettre). Il ne cesse de nous donner rendez-vous au cœur de notre cœur : suis-je assez en silence intérieur pour percevoir son attente, sa prière, son désir d’Amour ? Il frappe à notre porte par des chemins familiers, simples, proches : une sœur croisée, un service demandé, une lettre reçue, une intention de prière. Le laisserons-nous sans réponse ? C’est cela être pèlerin de Paix : se quitter, quitter ses lieux de guerre, de conflits, et ouvrir des mains désarmées en marchant vers l’autre.» Soeur Elisabeth

 

La prière pour la paix :

«Veilleur où en est la nuit ?» 

Il faudrait énumérer ici tout ce qui se raconte rarement : le quotidien tout simple, combat incessant pour que croisse en nous et rejaillisse sur le monde l’amour, la réconciliation, la vie de Dieu, enfouissement silencieux dans le mystère de Dieu pour que sa Parole prenne corps ...

«Veilleur, où en est la nuit ?» Fasse le Seigneur que nous puissions toujours répondre : «Je tiendrai bon à mon poste de garde, je resterai debout ...»

Nous vivons chaque mois l’heure de prière pour la paix unis à tous ceux qui ce soir-là prient pour la paix, avec nous ou chez eux, et aux diverses équipes qui acceptent d’animer une veillée : «Veille et prie sans cesse» (lettre de Ste Claire)

 

 Retour sur quelques unes de nos propositions  :

 

36 heures

Témoignage des 36 heures en 2012

«Tu as du prix à mes yeux et je t’aime !» Isaïe 43

Tel était le thème de ce week-end de novembre que nous avions proposé à tous ceux voulant vivre un temps de fraternité, de prière et de découverte de la spiritualité franciscaine.

Le résultat fut très bon : environ 25 participants, une dizaine de sœurs qui tour à tour ont partagé talents et animations. Et les oeuvres finales : broderies, créations en collage papier, gestuelle, disaient la joie, la confiance, l’espérance renforcées !

Chacun a reçu des autres un vrai message d’amour du Seigneur pour poursuivre la route !! Rendez-vous l’an prochain ...

 

Journées  Portes ouvertes :

Portes Ouvertes hosties«Nous proposons de temps en temps, aux groupes de KT qui le souhaitent, une porte ouverte à 'atelier de fabrication des hosties. Ados et enfants, avec leurs accompagnateurs, se succèdent toute la journée.

Que découvrent-ils ? Pour en savoir plus  ... L'essentiel, sans doute. Certains messages (qu'ils peuvent inscrire sur un cahier après la visite), nous l'ont dit très fort :

"hommage à Jésus"

Découverte que le Christ est le cœur de notre vie et qu'il est bon de se donner à Lui, Lui qui se donne à nous tout entier.

"que les sœurs même si elle son lente, elle font les osties par amour."

Découverte que ce qui donne de la valeur au travail, ce n'est ni l'efficacité, ni la rentabilité mais l'Amour qu'on y met dedans.

"l'osties n'est rien sans communauté."

Découverte de la vie fraternelle. C'est toutes ensemble que nous réalisons ce travail. De la plus âgée à la plus jeune, chacune a sa place unique.

Et nous, que découvrons-nous ?.

Le regard neuf des enfants nous renouvelle. A cause du côté répétitif, le travail peut prendre des allures de routine, un peu pesantes, parfois ! Nous reprenons conscience de la grâce de ce travail. Des enfants nous l'ont rappelé :

"Sait très interesant de faire se travail."

"Merci de nous avoir montré votre travaille extraordinaire."

"La fabrique d'osti est vraiment passionante !"

Chacune, le cœur rempli de tous ces visages d'enfants et de jeunes, et  goûte le bonheur de célébrer l'Eucharistie, quotidiennement. "Oui, il est grand le mystère de la Foi."  (sœurs Pascale et Claire Agnès).soeur Pascale au ménage hostiessoeur Claire-Agnès

 

Pour le programme complet de nos propositions, voir le menu "nos propositions".